Chaque automne, c’est le même spectacle. Les élagueurs passent, les jardins sont taillés, et des montagnes de branches s’entassent au bord des routes ou dans les décharges. Trop souvent, tout cela finit brûlé. Pourtant, ces végétaux sont une richesse. Le compostage des déchets verts permet de les transformer en un amendement de qualité, utile aux jardins comme aux exploitations.
Voici comment faire, quelle que soit l’échelle : un grand jardin, un hôtel, un golf, une commune ou une exploitation agricole.
De quoi parle-t-on ?
On appelle déchets verts tous les résidus végétaux issus de l’entretien des jardins, des parcs et des espaces publics :
- branches et tailles d’arbres et de haies ;
- feuilles mortes et aiguilles ;
- tontes de gazon et de pelouses ;
- fleurs fanées, plantes arrachées ;
- palmes, à condition de les broyer ;
- résidus de débroussaillage.
Ils ont un grand avantage : ils sont propres, sans viande ni produits chimiques, et faciles à identifier. Ils ont aussi une particularité : ils mélangent des matières très sèches et dures, comme le bois, et des matières très humides, comme les tontes. Tout l’art du compostage est d’équilibrer les deux.
Pourquoi ne pas les brûler ?
Brûler les déchets verts, c’est perdre une ressource et polluer l’air du voisinage. Les mettre en décharge, c’est occuper de la place et produire des gaz en fermentation sans oxygène.

Le compostage des déchets verts, au contraire :
- réduit fortement leur volume ;
- produit un amendement qui structure et nourrit les sols ;
- limite les transports vers les décharges ;
- crée une ressource locale pour les espaces verts, les agriculteurs et les jardiniers.
Première étape : broyer
Une branche entière peut mettre des années à se décomposer. Broyée en copeaux, elle se composte en quelques mois. Le broyage est donc la clé.

Il présente plusieurs intérêts :
- il multiplie la surface offerte aux micro-organismes ;
- il réduit le volume des tas ;
- il crée un mélange aéré qui respire bien ;
- il donne un broyat utilisable aussi en paillage.
Pour un jardin, un petit broyeur électrique suffit pour les tailles fines. Pour des volumes plus importants, un broyeur de végétaux thermique sur roues, tracté, accepte des branches plus grosses. Voyez notre gamme de broyeurs et machines agricoles.
Deuxième étape : composer le mélange
Le broyat de branches est riche en carbone et sec. Seul, il se composte lentement. Il faut lui associer des matières plus riches en azote et en eau.

Les bonnes associations :
- broyat de branches et tontes de gazon fraîches ;
- feuilles mortes et fanes de légumes ;
- broyat et fumier, sur une exploitation ;
- broyat et déchets de cuisine, dans les composteurs collectifs.
Mélangez bien. Des couches trop épaisses de tontes se tassent et pourrissent ; des couches trop épaisses de broyat restent sèches.
Troisième étape : les andains
Au-delà d’un certain volume, on ne fait plus de tas ronds. On forme des andains : de longs cordons de compost, larges à la base et arrondis au sommet. Cette forme permet de retourner facilement et de bien aérer.
Une fois l’andain monté, la fermentation démarre. Le cœur chauffe fortement pendant plusieurs semaines. Cette chaleur hygiénise le compost, détruit une grande partie des graines et des germes, et accélère la décomposition.
Quatrième étape : retourner et arroser
Un andain qui n’est jamais retourné manque d’air. Le retournement ramène l’extérieur vers le centre, redonne de l’oxygène et homogénéise le mélange.
Sur une petite surface, on retourne au chargeur ou à la pelle. Sur une plateforme, on utilise un retourneur d’andains, qui aère et mélange en un seul passage. Certains modèles embarquent une cuve d’eau pour arroser en même temps : un vrai atout sous notre climat sec.
L’humidité doit rester constante. Un andain trop sec s’arrête ; trop mouillé, il étouffe. Le test de la poignée reste le plus simple : le compost doit être frais et légèrement humide, sans couler.
Cinquième étape : la maturation
Après la phase chaude, l’andain refroidit. Le compost entre en maturation. Il se stabilise, prend sa couleur sombre et son odeur de sous-bois. On retourne moins souvent. Cette étape est indispensable : un compost non mûr peut gêner les cultures.
Sixième étape : le criblage
Le compost mûr contient encore des morceaux de bois non décomposés. Le criblage les sépare. On utilise un tamis pour les petites quantités, ou un crible rotatif pour les grands volumes.
On obtient ainsi deux fractions :
- le compost fin, prêt à être utilisé ou vendu ;
- les refus de criblage, ces morceaux de bois qui retournent dans de nouveaux andains, où ils servent de structure et apportent des micro-organismes.
Rien ne se perd.
Bien choisir son broyeur
Trois questions guident le choix :
- Quel diamètre de branches ? Il conditionne la puissance nécessaire.
- Quel volume par an ? Un jardin, un domaine, une commune n’ont pas les mêmes besoins.
- Quelle mobilité ? Un broyeur tracté se déplace de chantier en chantier ; un modèle fixe reste sur la plateforme.
Pensez aussi à la sécurité : lunettes, gants, protection auditive et formation des utilisateurs.
Le compostage des déchets verts au Maroc
Nos villes, nos hôtels, nos golfs et nos exploitations produisent chaque année de grandes quantités de végétaux. Palmeraies, oliveraies, vergers d’agrumes, parcs urbains : les gisements sont partout. Les composter localement présente un intérêt particulier chez nous :
- les sols manquent souvent de matière organique ;
- le compost aide à mieux retenir l’eau, ressource rare ;
- il réduit la pression sur les décharges ;
- il crée de l’activité locale, de la collecte à la vente.
Le climat impose une vigilance : les andains sèchent vite en été. Prévoyez de l’eau, et si possible un ombrage ou une couverture.
Et au jardin ?
Le principe reste le même, à petite échelle. Coupez ou broyez les tailles, mélangez-les avec les tontes et les déchets de cuisine, arrosez, retournez de temps en temps. Notre méthode pour fabriquer du compost détaille chaque geste.
Une astuce de jardinier : gardez une partie du broyat de côté. Étalé au pied des arbustes, il fait un excellent paillage qui garde la fraîcheur du sol.
Organiser la collecte
Pour une commune ou une grande structure, la réussite passe par l’organisation :

- des points de dépôt clairs pour les habitants et les jardiniers ;
- une consigne simple : végétaux seulement, sans plastique ni gravats ;
- une aire de stockage temporaire avant broyage ;
- un calendrier de broyage pour éviter l’accumulation.
Un tri propre à l’entrée, c’est un compost propre à la sortie.
Suivre la température
Sur une plateforme, un thermomètre à longue sonde est un outil précieux. Il permet de vérifier que la phase chaude a bien eu lieu, de décider quand retourner et de savoir quand le compost entre en maturation. Notez les relevés : ils sont la mémoire de chaque lot.
Une année sur une plateforme de déchets verts
Automne. C’est la saison des tailles et des feuilles. Les apports affluent : on broie en continu et on monte de nouveaux andains. Les premières pluies aident à les humidifier.
Hiver. La décomposition ralentit un peu. On retourne moins souvent et on surveille que les andains ne soient pas gorgés d’eau après les grosses pluies. C’est aussi le moment de cribler les lots montés au printemps précédent.
Printemps. Les tontes reprennent, riches en azote. Elles complètent idéalement le broyat d’hiver. La demande de compost mûr est forte pour les plantations.
Été. Le grand défi est l’eau. Les andains doivent être arrosés régulièrement, idéalement au moment du retournement. La chaleur accélère tout, à condition de ne pas laisser sécher.
Ce rythme varie selon les régions et les gisements, mais il aide à planifier le travail et les besoins en eau toute l’année.
Que faire du compost obtenu ?
Le compost de déchets verts, riche en matière ligneuse, est particulièrement apprécié :
- pour les plantations d’arbres et d’arbustes ;
- pour les espaces verts et les ronds-points ;
- en arboriculture, sous la couronne des arbres ;
- en paillage, dans les jardins secs ;
- en mélange avec de la terre pour les pots et jardinières.
Pour bien le choisir ou le comparer avec d’autres composts, lisez notre article choisir un compost adapté. Les déchets verts sont l’une des ressources présentées dans notre article sur le compostage au Maroc.
Les pièges à éviter
- Laisser des plastiques dans les déchets verts collectés : ils se retrouveront dans le compost.
- Monter des andains sans broyer : la décomposition traîne pendant des mois.
- Oublier l’eau en été : tout s’arrête.
- Vendre ou utiliser un compost non mûr : il gêne les cultures.
- Négliger le criblage : un produit grossier est plus difficile à valoriser.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le compostage des déchets verts ?
Cela dépend du broyage, du mélange, de l’humidité et de la fréquence de retournement. Un andain bien suivi donne un compost mûr en quelques mois.
Les palmes de palmier se compostent-elles ?
Oui, une fois broyées finement. Entières, elles sont trop dures et fibreuses.
Peut-on composter les déchets verts traités aux pesticides ?
Le compostage dégrade une partie des molécules, mais mieux vaut éviter d’y mettre des végétaux fraîchement traités, surtout s’ils sont destinés au potager.
Passer à l’action
Que vous ayez un grand jardin ou la responsabilité des espaces verts d’une ville, le compostage des déchets verts est une solution simple, locale et utile. Pour un projet de plus grande ampleur, notre dossier sur la plateforme de compostage détaille l’aménagement et le matériel, et vous pouvez découvrir nos équipements de compostage. Pour tout savoir sur l’usage du compost, gardez notre guide complet du compost au Maroc à portée de main.
