Compostage

Quels déchets peut-on composter ?

Épluchures, feuilles, marc de café, tailles… Que peut-on mettre au compost, et qu’est-ce qu’il faut garder à l’écart ? La liste claire des déchets compostables, avec les bons réflexes pour nos cuisines et nos jardins.

Épluchures et restes de fruits et légumes dans une assiette posée sur une balance
Les restes d’une journée de cuisine pèsent souvent plus qu’on ne le pense. Photo : Wormsandstuff, CC0, via Wikimedia Commons.

Devant la poubelle, la question revient tous les jours : « Ça, je peux le mettre au compost ? » Bonne nouvelle, la réponse est souvent oui. Une grande partie de ce que nous jetons à la cuisine et au jardin peut se transformer en terre fertile. Encore faut-il savoir trier. Certains déchets compostables le sont sans réserve, d’autres avec modération, et quelques-uns ne doivent jamais aller dans le tas.

Voici une liste pratique, pensée pour nos habitudes marocaines : beaucoup de légumes, de fruits, de thé à la menthe et de pain, des jardins secs l’été et des tailles abondantes à l’automne.

La règle d’or : équilibrer l’humide et le sec

Avant la liste, un principe. Un compost réussi mélange deux familles.

  • Les déchets humides, dits « verts », riches en azote : ils se décomposent vite et apportent l’eau et la nourriture aux micro-organismes.
  • Les déchets secs, dits « bruns », riches en carbone : ils donnent de la structure, laissent passer l’air et évitent les odeurs.

Un tas fait uniquement d’épluchures devient une bouillie malodorante. Un tas fait uniquement de feuilles sèches ne bouge pas. Le secret, c’est le mélange, à peu près moitié-moitié en volume.

Les déchets compostables de la cuisine

Ce sont les plus nombreux, et ceux que l’on produit chaque jour.

Épluchures de banane, d’agrumes et restes de légumes
Épluchures et fanes : la base des déchets compostables de la cuisine. Photo : USEPA Environmental-Protection-Agency, domaine public, via Wikimedia Commons.
  • épluchures de légumes : carottes, pommes de terre, courgettes, oignons, navets ;
  • restes de fruits : peaux de melon et de pastèque coupées en morceaux, trognons, peaux de banane ;
  • feuilles de menthe et de thé infusées, sachets de thé sans agrafe ;
  • marc de café et filtres en papier ;
  • coquilles d’œufs écrasées ;
  • restes de légumes cuits sans sauce grasse ;
  • pain rassis, en petite quantité et émietté ;
  • noyaux de dattes et d’olives, en sachant qu’ils mettront longtemps à disparaître.

Coupez les gros morceaux. Une demi-pastèque entière se décompose en des semaines ; coupée en dés, elle disparaît beaucoup plus vite.

Les déchets compostables du jardin

  • feuilles mortes, l’un des meilleurs ingrédients « bruns » ;
  • tontes de gazon, à étaler en fines couches et à mélanger, sinon elles se tassent ;
  • fanes de légumes du potager ;
  • fleurs fanées et plantes annuelles arrachées ;
  • petites branches et tailles, de préférence broyées ;
  • paille et foin ;
  • mauvaises herbes avant qu’elles ne fassent leurs graines.
Balai et râteau posés sur un tas de feuilles mortes
Les feuilles mortes apportent la matière sèche dont le tas a besoin. Photo : Fg2, domaine public, via Wikimedia Commons.

Les tailles d’arbres fruitiers, de rosiers, de bougainvilliers ou de haies sont précieuses, mais encombrantes. Un broyeur de végétaux les transforme en un broyat qui accélère tout. Pour les gros volumes, lisez notre article sur le compostage des déchets verts.

À ajouter avec modération

Ces matières sont compostables, mais en petite quantité ou avec quelques précautions.

  • Les agrumes et l’ail : ils se décomposent lentement et peuvent ralentir le tas s’ils sont trop nombreux. Coupez-les et dispersez-les.
  • Les feuilles de palmier, d’olivier, de laurier : dures et cireuses, elles mettent du temps. Broyez-les.
  • La sciure et les copeaux : uniquement de bois non traité, et en couche fine, mélangée à du vert.
  • Le carton brun et le papier journal : déchirés en morceaux, ils sont utiles comme matière sèche. Évitez le papier glacé et les encres de couleur.
  • Les cendres de bois : une petite poignée de temps en temps, pas plus. Elles rendent le compost plus basique, ce qui n’est pas souhaitable sur nos sols souvent calcaires.
  • Le fumier de chevaux, de moutons, de volailles : excellent, mais à mélanger avec beaucoup de matière sèche.

Ce qu’il ne faut jamais mettre au compost

  • plastiques, même « biodégradables » sans mention de compostage domestique ;
  • verre, métal, piles, médicaments ;
  • litières minérales pour chats et excréments d’animaux carnivores ;
  • bois traité, peint ou aggloméré ;
  • huiles de friture et sauces grasses en quantité ;
  • plantes malades ou attaquées par des parasites ;
  • mauvaises herbes montées en graines ou à racines très envahissantes, comme le chiendent ;
  • en compostage domestique : viande, poisson, os et produits laitiers, qui attirent les chats, les rats et les mouches.

Ces derniers ne sont pas impossibles à composter, mais ils demandent des températures et un suivi que seules les plateformes professionnelles assurent.

Bien préparer ses déchets compostables

Trois gestes simples changent tout.

  1. Couper petit. Plus la surface exposée est grande, plus les micro-organismes travaillent vite.
  2. Mélanger. Chaque fois que vous videz votre seau de cuisine, recouvrez-le d’une poignée de feuilles sèches ou de broyat.
  3. Garder humide. Sous notre climat, un tas sèche vite. Arrosez légèrement si le mélange devient poussiéreux.

Un seau avec couvercle près de l’évier, vidé tous les deux ou trois jours, évite les mouches et les odeurs dans la cuisine.

Quand il fait très chaud

Nos étés posent un défi particulier. Les déchets de cuisine fermentent vite, les feuilles sèches manquent et le tas se dessèche.

  • Gardez une réserve de feuilles mortes et de paille ramassées à l’automne.
  • Installez le tas à l’ombre, et couvrez-le d’un vieux sac de jute.
  • Enterrez les déchets de cuisine au cœur du tas, jamais en surface.
  • Arrosez le soir, quand l’eau s’évapore moins.

Un pense-bête à afficher dans la cuisine

Oui sans hésiter : épluchures, fruits abîmés, marc de café, thé et menthe infusés, coquilles d’œufs, feuilles mortes, fanes, tontes en fine couche.

Seau à compost de cuisine en métal clair avec l’inscription Compost
Un seau fermé près de l’évier, vidé tous les deux ou trois jours. Photo : Andy Li, CC0, via Wikimedia Commons.

Oui avec modération : agrumes, ail, carton brun, sciure de bois brut, cendres, pain émietté.

Non : plastique, verre, métal, viande et poisson, laitages, huiles, bois traité, plantes malades, graines de mauvaises herbes.

Et à la ferme ?

Une exploitation agricole produit beaucoup plus de déchets compostables que l’on ne pense : pailles et chaumes, fanes de cultures, déchets de tri des fruits et légumes, tailles de vergers, fumiers, grignons d’olive en quantité raisonnable. Les composter sur place permet de les valoriser au lieu de les brûler.

À cette échelle, on ne parle plus de bac mais d’andains, de retournement et de plateforme. Vous trouverez comment organiser un tel site dans notre article dédié aux plateformes, et le matériel correspondant parmi nos machines.

Restaurants, hôtels, écoles : de gros gisements

Une cuisine collective produit chaque jour des quantités importantes de déchets compostables : épluchures de la préparation, restes de buffet sans viande, marc de café, fruits abîmés. Un hôtel ajoute à cela les tontes et les tailles de ses jardins. Une école, les déchets de la cantine et les feuilles de la cour.

Pour ces lieux, trois conseils pratiques :

  1. Séparez à la source. Un bac dédié en cuisine, clairement signalé, et une consigne simple pour le personnel.
  2. Prévoyez la matière sèche. Les déchets de cuisine sont très humides. Les tailles broyées des jardins sont le complément parfait.
  3. Dimensionnez le site. Au-delà de quelques bacs, il faut une petite aire de compostage avec retournement régulier, voire un partenariat avec une plateforme.

Pour un établissement scolaire, le compost devient aussi un formidable outil pédagogique. Les élèves voient la matière se transformer et retrouvent leur compost au potager de l’école.

Trier, pourquoi c’est si utile

Dans une poubelle ordinaire, les déchets organiques représentent souvent une part importante du poids. Une fois mélangés aux plastiques et aux autres déchets, ils deviennent difficiles à valoriser et finissent en décharge, où ils fermentent sans oxygène.

Petit bac de collecte des déchets de cuisine
Un bac dédié rend le tri facile au quotidien. Photo : Perimeander, CC0, via Wikimedia Commons.

Triés à la source, au contraire, ils redeviennent une ressource. C’est vrai pour une famille, pour un restaurant, pour un hôtel, pour une commune. Moins de déchets à transporter, et une terre plus riche au bout du compte.

Et les déchets qui ne vont pas au compost ?

Ce qui n’est pas compostable n’est pas forcément perdu. Les plastiques, le verre et les métaux suivent les filières de tri de votre commune, quand elles existent, ou celles des récupérateurs. Les huiles usagées se rapportent dans des points de collecte. Les plantes malades peuvent être mises de côté et évacuées avec les déchets verts de la commune, qui les traitera à haute température sur une plateforme.

Quant à la viande, au poisson et aux os, certaines plateformes professionnelles savent les traiter. À la maison, mieux vaut les garder hors du compost pour éviter les nuisibles.

Une bonne gestion des déchets compostables commence donc par un tri complet : ce qui va au tas, ce qui va au recyclage, et le reste.

Les erreurs les plus courantes

  • Tout mettre en vrac sans couper : les gros morceaux traînent des mois.
  • Oublier la matière sèche : le tas devient collant et sent mauvais.
  • Laisser les déchets de cuisine en surface : les mouches et les chats s’invitent.
  • Composter des plantes malades : les maladies reviennent au potager avec le compost.
  • Ne jamais arroser l’été : le tas s’arrête net.

Petites questions, réponses courtes

Les peaux d’oranges sont-elles interdites ?

Non. Elles sont compostables, mais lentes. Coupez-les en morceaux et ne les mettez pas toutes d’un coup.

Peut-on composter le pain ?

Oui, en petite quantité et émietté, bien enfoui dans le tas pour ne pas attirer les animaux.

Et les mouchoirs en papier ?

Les mouchoirs et essuie-tout non souillés de produits chimiques sont compostables comme matière sèche.

Les sacs « compostables » vont-ils au compost ?

Seulement s’ils portent une mention claire de compostage domestique. Sinon, ils ne se dégraderont pas dans votre tas.

À vous de jouer

Connaître les déchets compostables, c’est déjà la moitié du chemin. L’autre moitié, c’est la méthode : mélanger, humidifier, aérer. Elle est expliquée pas à pas dans notre article fabriquer du compost. Et quand votre compost sera prêt, découvrez comment l’utiliser en agriculture ou consultez notre guide complet du compost au Maroc.

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